À l’heure où la consommation de cannabis se légalise dans le monde, un phénomène est observé chez les personnes malades chroniques : la substitution des traitements médicamenteux prescrits au bénéfice de cannabis.

Le cannabis inspire confiance aux malades…

Le cannabis est en train de se démocratiser. Son image se lisse au fur et à mesure que les mentalités évoluent. Aux États-Unis, dans certains États, il fait d’ores et déjà partie de protocoles de traitement et d’accompagnement de la douleur. Qu’il soit un complément, voire qu’il se substitue aux traitements médicamenteux ordinaires. Un chercheur de l’Université du Michigan s’est intéressé à cette question et a dressé un constat : de nombreux patients substituent leur médicament avec du cannabis.

Une approche rigoureuse, pragmatique et basée sur les faits est nécessaire afin d’élaborer les directives et pratiques associées au cannabis médical, tant les enjeux de société et de santé publique importent. C’est à Daniel Kruger de l’Institut de recherche sociale U-M que l’on doit l’étude publiée en janvier 2019.

Le but de cette étude était d’observer les attitudes à l’égard du cannabis médical, son utilisation et le système de santé général des consommateurs de cannabis médical. L’équipe de recherche a conduit une série de sondages sur un panel de 392 adultes ; les sujets se rendaient par ailleurs à un événement public annuel prônant la réforme de la loi sur le cannabis. Autre détail : les 392 participants souffraient de différents problèmes de santé. Ce qu’il en ressort ? « Les utilisateurs de cannabis médical ont déclaré avoir plus confiance dans le cannabis que dans les médicaments classiques », ont communiqué les chercheurs du Population Studies Center de l’Université du Michigan.

Mis en perspective et comparaison directe avec les médicaments pharmaceutiques, les consommateurs de cannabis à des fins médicales ont estimé que le cannabis est « meilleur » en termes d’efficacité, d’effets secondaires, de sécurité, de dépendance, de disponibilité et de coût.

… et remplace parfois les médicaments.

Parmi les 392 réponses collectées, 78% ont admis avoir déjà ou toujours utiliser de la marijuana afin de traiter un problème de santé. L’enseignement principal à tirer de cette étude est que les utilisateurs témoignent davantage de confiance dans le cannabis médical, en opposition aux médicaments traditionnels. Le panel justifie cette prise de position par de meilleurs résultats obtenus selon les critères d’efficacité, d’effets secondaires, de disponibilité et de coût.

Lors d’une prise de cannabis médical, 42% du panel a déclaré stopper un traitement à base de médicament pharmaceutique , tandis que 38% ont confié en utiliser moins après coup. À souligner également, 30% des sondés ont déclaré que leur médecin traitant ignorait leur prise de cannabis à des fins médicales.

« Cette étude fait progresser les connaissances en matière d’approche factuelle de réduction des méfaits et de promotion des avantages en matière de cannabis médical », s’est félicité Daniel Kruger. Avant de poursuivre : « Compte tenu de l’utilisation croissante du cannabis à des fins médicales et de l’utilisation répandue à des fins récréatives en dépit de la criminalisation, le cadre actuel de santé publique axé principalement sur l’abstinence du cannabis semble obsolète. »